La représentation des Français de l’étranger à l’Assemblée conduirait soit à instaurer une élection à la proportionnelle, dont nous ne voulons pas, soit à un découpage absurde de grandes circonscriptions, lesquelles vident de sens la représentativité elle-même. L’intérêt d’une circonscription est que l’élu connaisse ses électeurs, et réciproquement. Une circonscription qui irait de la Patagonie au Groenland ne le permettrait certes pas…
Le découpage en trop grandes circonscriptions entraînerait deux autres conséquences négatives : ou bien une augmentation du nombre de députés – mais nous venons de le refuser –, ou bien un redécoupage pour supprimer douze circonscriptions en métropole. Cela accentuerait encore le déséquilibre, déjà patent, entre les circonscriptions des départements les moins peuplés – deux députés pour la Lozère, par exemple –, et celles des départements en pleine croissance démographique, comme le Val-d’Oise. Dans la mesure où le redécoupage vise à précisément rétablir un équilibre, cette solution serait mauvaise. C’est pourquoi je vous invite à abandonner l’idée de représenter les Français de l’étranger à l’Assemblée nationale.
Député d’une circonscription frontalière, j’ai beaucoup d’admiration pour nos voisins belges. Ils sont sages en bien des domaines et se contentent, eux, d’inscrire leurs compatriotes résidant à l’étranger dans des bureaux de vote des communes belges, où ils votent selon leurs affinités.
Assemblée nationale : 26 mai 2008: discussion en première lecture du projet de loi constitutionnelle Modernisation des institutions de la Ve République
Ce qui légitime le vote par circonscription, le suffrage uninominal, c’est la possibilité pour des femmes et des hommes d’élire quelqu’un qu’ils connaissent, qu’ils jugent, qu’ils réélisent ensuite. C'est le vote de proximité, c’est le vote personnel. Malheureusement, la représentation des Français de l’étranger ne peut pas correspondre à cette exigence. C’est la raison pour laquelle je la refuse. Je voterai donc cet amendement sans toutefois partager certains des arguments qui ont été avancés.
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