M. Pierre Lellouche. Je regardais M. Myard rire sous cape et je connais moi aussi un peu nos compatriotes de l’étranger et la façon dont ils sont aujourd’hui représentés au Sénat ; or l’idée d’ajouter des députés au capharnaüm géographique et humain que représentent ces deux millions de Français, avec des différences considérables d’un continent à l’autre, me laisse pantois. Malgré toute l’amitié, l’estime et le respect immense que je porte au Président de la République, avec lequel je suis d’accord dans 99 % des cas, je maintiens que c’est totalement infaisable.
L’amendement de M. Giscard d’Estaing a le mérite de mettre en évidence la totale impossibilité d’élire des députés à l’étranger. On dénombre 60 000 Français vivant en Californie, 300 000 à New York, 60 000 dans le sud des États-Unis : on pourrait donc imaginer deux circonscriptions aux États-Unis. Mais quid des 300 000 Français vivant à Londres, des 2 000 vivant à Dubaï, des 800 de Nouvelle-Zélande ?
M. Jacques Myard. Cela va être un beau bazar !
M. Pierre Lellouche. Un Français vivant à Minsk sera-t-il représenté par le même député qu’un autre Français vivant à Istanbul ?
M. Didier Migaud. C’est une aberration !
M. Pierre Lellouche. Monsieur le secrétaire d’État, avec tout le respect que je vous dois, cette idée de vouloir faire en sorte que les députés de Français de l’étranger soient élus au scrutin uninominal personnel à deux tours ne tient pas la route, car elle est totalement impossible à mettre enœuvre ! Je suis désolé, mais cela devait être dit !
Assemblée nationale : 26 mai 2008: discussion en première lecture du projet de loi constitutionnelle Modernisation des institutions de la Ve République
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