vendredi 15 mai 2009

Nos députés savent ils qu'ils ont institutionnalisé l'élection par Internet de onze d'entre eux ?

Le Décret relatif au vote par voie électronique pour l'élection des membres de l'Assemblée des Français de l'étranger est paru le 11 mai 2009

A l'élection par Internet de douze sénateurs représentant les français de l'étranger s'ajoutera ainsi, depuis la reforme des institutions, celle de 11 nouveaux députés représentant les français de l'étranger. Eux aussi par Internet.

C'est passé complètement inaperçu.


J'ai essayé de reconstituer le processus à l'issue duquel le Parlement a institutionnalisé le vote électronique par Internet pour les 11 députés représentant les français de l'étranger.

Cela s’est fait en quatre étapes.

Première étape. Il a, d’abord fallu, décider que les Français de l’Etranger devaient disposer d’une représentation à l’Assemblée Nationale. En effet, si les Français de l’étranger disposent de 12 sénateurs pour les représenter au Sénat, ce n’était pas le cas à l’Assemblée. C’est à l’occasion de l’examen du projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Ve République (suite au Rapport Balladur) qu’a été retenu le principe d’une représentation à l’Assemblée des Français de l’Etranger. C’est aussi à l’occasion de ce projet de loi qu’ont été constitutionnalisés le nombre de sièges de sénateurs (porté, au passage de 328 à 348, soit 20 sièges supplémentaires) et celui du nombre de députés (reste inchangé, à 577). Le Congrès ratifie, on s’en souvient, à une voix prés, cette réforme le 21 juillet 2008.

Seconde étape : C’est, dans un second temps, à l’occasion de l’examen du projet de loi dite « paquet électoral » qui instaurait une commission indépendante chargée de donner un avis public sur le redécoupage des circonscriptions (la fameuse commission de hauts magistrats présidée par Yves Guéna) qu’a été adopté le scrutin uninominal à deux tours, plutôt que la représentation proportionnelle pour élire les députés représentant les français de l'étranger. Cette loi ne fixait pas le nombre de députés représentant les français de l'étranger, mais les critères d'évaluation du nombre de Français établis dans chaque pays étranger : « les données inscrites au registre des Français établis hors de France dans chaque circonscription consulaire », ce qui aboutissait a un nombre de 7 ou 9 députés. Le vote de cette loi intervient le 11 décembre 2008.

Troisième étape. Le Conseil Constitutionnel, saisi par les parlementaires socialistes, a demandé que "le nombre de députés soit fixé et les circonscriptions délimitées en fonction de la totalité de la population enregistrée", ce qui a pour effet de porter leur nombre à onze ou douze députés (au lieu des 7 ou 9 prévus initialement). Le gouvernement a retenu finalement le chiffre de 11.

Quatrième étape. Le gouvernement, par la voix du secrétaire d'État à l'Intérieur et maitre d’œuvre du redécoupage électoral, Alain Marleix, précise le 7 mars 2009 ses intentions sur le découpage géographique des 11 circonscriptions : 5 en Europe ; 3 en Afrique et au Proche-Orient ; 2 en Amérique. Il reviendra a la commission indépendante de valider ce découpage. Alain Marleix annonce aussi, à cette occasion, que le vote par Internet et le vote par correspondance seront autorisés pour l’élection de ces députés. « Afin d'encourager une forte participation électorale ».

Tirons un premier bilan de la séquence.

1. La limitation à 577 du nombre de députés (désormais constitutionalisée) alors que le nombre de sénateurs est de 328 à 348 (20 de plus) a pour effet de renforcer le poids relatif du Sénat par rapport à l’Assemblée dans le Congrès.

2. La limitation à 577 du nombre de députés alors que sont créés 11 sièges de députés représentant les Français de l’Etranger pourrait avoir pour effet de donner un petit avantage structurel à la droite. On sait que dans le passé, les Français de l’Etranger ont plutôt voté à droite. Certes, la suprématie de la droite chez les Français de l’étranger n’est une donnée éternelle. Lors des Présidentielles de 2007, les Français de l’Etranger ont voté à 46% pour la candidate socialiste, le même score que dans le reste de la France. En refusant le scrutin proportionnel et en dessinant les 11 circonscriptions dans un sens qui lui sera favorable, la droite n’en est pas moins en passe de se doter d’un petit stock de circonscriptions qui lui seront acquises.

3. . La limitation à 577 du nombre de députés alors que sont créés 11 sièges de députés représentant les Français de l’Etranger a également un effet sur le découpage électoral en métropole. Pour créer ces 11 circonscriptions a l’étranger, il faudra en supprimer 11 en métropole. Il semble bien, à en juger par les fuites relatives aux propositions de redécoupage des circonscriptions qui seront soumises a la Commission indépendante, que ce redécoupage risque fort d’être favorable à la droite.

4. L’occasion de ces réformes diverses n’a pas été saisie pour reformer le mode de désignation des Sénateurs français de l’Etranger. Le collège électoral pour l'élection des sénateurs représentant les Français établis hors de France est constitué par les seuls 150 membres élus de l'Assemblée des Français de l'étranger.

Or, le passage graduel de 150 à 155 élus (par la loi n° 2004-805 du 9 août 2004, qui prévoit le passage graduel de 150 à 155 membres, en 2006 et 2009) ne résoudra absolument pas la question de la représentativité des sénateurs des Français établis hors de France. Par comparaison, le même collège pour Paris compte plus de deux mille membres pour une population légèrement supérieure à deux millions d'habitants.

5. Enfin, sans que la question ait véritablement été discutée à l’Assemblée nationale, le gouvernement annonce qu’il envisage d’autoriser le recours au vote par Internet pour l’élection de ces 11 députés. On sait, pourtant, que le dispositif mis en place pour l’élection des conseillers à l'Assemblée des Français de l'étranger, en juin 2006, le collège électoral qui désigne les 12 sénateurs concernés, avait mis en relief les limites de ce mode de scrutin : absence de garantie de la sincérité et atteintes à la confidentialité.

Décidément, il y avait pas mal de "pièges" et de "coups tordus" dans la réforme des institutions.

mercredi 13 mai 2009

Découpage électoral pour les législatives: Français du Monde-ADFE exprime son inquiétude.

Dans un courrier adressé aux membres de la Commission de contrôle du redécoupage électoral, le Président de Français du Monde-ADFE François Nicoullaud explique les différents risques liés à ce découpage. En voici le texte:

Monsieur le Président,

L’Association Français du Monde ADFE, dédiée à la représentation des Français établis hors de France et reconnue à ce titre d’utilité publique, souhaite soumettre à votre Commission un certain nombre d’observations relatives à la définition des circonscriptions des futurs députés des Français de l’étranger.

Le scrutin uninominal à deux tours choisi par le Gouvernement pour l’élection des Français de l’étranger sera, il faut le savoir d’emblée, malaisé d’application. De la douzaine de circonscriptions sur laquelle on peut tabler, la plupart regrouperont des portions de continents ou même des continents entiers. Or dans la plupart des régions, y compris dans des portions notables de l’Europe, le fonctionnement incertain de la poste fera que le matériel électoral du second tour aura de faibles chances de parvenir à temps à l’ensemble des électeurs, même avec un délai de quinze jours, voire de trois semaines, entre les deux tours. L’existence du réseau internet ne peut être un palliatif, car les régions où le service postal est le plus défaillant sont aussi celles où l’usage de ce réseau a le plus faiblement pénétré. Un élément substantiel de la régularité du scrutin sera donc fortement perturbé, avec toutes les conséquences de droit qui en découlent. Même si le sujet se situe en amont des strictes compétences de votre Commission, elle ne peut, nous semble-t-il, s’en désintéresser, et une analyse de cette difficulté pourrait être utilement portée à l’attention du Gouvernement.

En ce qui concerne le découpage précis des circonscriptions, nous ne le connaissons pas encore. Nous présumons qu’il répond aux normes fixées par le Conseil constitutionnel. Mais il existe d’autres écueils susceptibles de menacer sa régularité et sa légitimité.

Le choix du scrutin uninominal a été fait, nous a-t-on dit, au nom de la proximité entre l’élu et l’électeur. Dans des circonscriptions qui seront pour beaucoup à l’échelle de continents, cette proximité sera toute relative. Il paraît impossible, dans la plupart des cas, de créer des circonscriptions bénéficiant d’un minimum d’homogénéité politique et culturelle. L’on risque donc d’aboutir à des monstruosités géopolitiques, à l’égard desquelles nos compatriotes auront du mal à éprouver un sentiment minimal d’appartenance.

Il serait aussi très souhaitable d’éviter que l’importance relative de la communauté française d’un pays donné dans telle ou telle circonscription ne prédétermine dans les faits l’origine des principaux candidats, et donc du futur élu. Là encore, beaucoup de nos compatriotes auraient alors le sentiment d’une compétition biaisée.

Sur le plan diplomatique et pour la compréhension extérieure de cette élection, il ne serait pas non plus très heureux qu’un pays se retrouve divisé pour être rattaché à deux circonscriptions différentes. Il faudrait en particulier pouvoir l’éviter pour les Etats-Unis, dont les autorités, traditionnellement sourcilleuses en matière d’effets de décisions étrangères sur leur territoire, pourraient se formaliser de voir leur pays découpé pour être rattaché d’un côté à l’Amérique latine, de l’autre au Canada.

Faute d’accès au dossier, ces réflexions sont, bien entendu, tout à fait préliminaires. Nous serions très heureux d’avoir l’occasion de les approfondir en étant entendus par votre Commission. Notre expérience de près de trois décennies au service des Français de l’étranger, notamment dans le domaine électoral, est à votre disposition.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.

François Nicoullaud


L'Hadopi prive les Français de l'étranger de prendre part aux elections européeennes

Pour les élections européennes, la France formait jusqu'en 2003 une circonscription unique, ce qui était logique puisqu'il s'agit d'élire les représentants de la France au Parlement Européen.

Les Français établis hors de France pouvaient alors voter dans les mêmes conditions que pour une élection présidentielle ou un référendum (inscription sur des listes électorales en France ou dans l'un des centres de vote à l'étranger), auxquelles s'ajoute l'étrange possibilité pour ceux résidant dans un État membre de l'Union Européenne de voter pour les listes de cet État.

Depuis la réforme de 2003, qui a découpé la France en huit circonscriptions électorales européennes, la possibilité de voter dans un centre de vote à l'étranger a été supprimée. Les citoyens Français inscrits uniquement sur la liste électorale consulaire (en langage administratif : PR1) et ne résidant pas dans un État membre de l'Union Européenne (332 492 électeurs) se trouvent donc totalement exclus du vote aux élections européennes.

C'est pourquoi les députés Thierry Mariani (UMP) et Jean-Jacques Urvoas (PS) ont déposé ensemble une proposition de loi visant à rattacher les français établis dans un État n'appartenant pas à l'Union Européenne à la circonscription européenne d'Île-de-France (le contentieux de l'inscription sur la liste électorale consulaire étant du ressort de tribunaux parisiens). Soutenue par le gouvernement, cette PPL était inscrite mercredi à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale, l'ambition étant d'appliquer cette législation dès cette année.

Patatras ! le nouveau vote sur la loi HADOPI, programmé ce même mercredi, a fait une victime collatérale : le texte de Thierry Mariani (UMP) et Jean-Jacques Urvoas (PS) vient d'être retirée de l'ordre du jour. Pour voter aux élections européennes, les citoyens concernés devront donc attendre ...2014 ! (dans l'hypothèse où la PPL est effectivement votée dans les cinq ans).

Laurent de Boissieu : les Français de l'étranger, victimes collatérales d'HADOPI


mercredi 15 avril 2009

Le tableau de chasse des sénateurs socialistes

Les sénateurs socialistes (en tout cas ceux qui s'exprimaient en leur nom) ont plaidé inlassablement pour la représentation à l'Assemblée des Français établis hors de France. (Les députés socialistes étaient nettement plus réservés : voire franchement hostiles).

Les sénateurs socialistes avaient formulé un certain nombre d'attentes et d'exigences.
  • Une réforme du mode d'élection des sénateurs représentant les Français établis hors de France. Les sénateurs socialistes souhaitaient notamment élargir le collège électoral. Cette réforme a été écartée d'emblée.

  • Eviter que les douze sièges de députés des Français de l’étranger soient pris sur ceux des députés de la métropole. C'était faire preuve d'une surprenante naïveté. Réduire le nombre de députés en métropole était l'objectif poursuivi par le Gouvernement, afin de procéder à un redécoupage sur mesure des circonscriptions en métropole.
  • Scrutin proportionnel sur deux circonscriptions : C'est le scrutin majoritaire uninominal à deux tours qui a été retenu.
  • Un découpage des circonscriptions équitable. On se dirige vers un découpage en 11 circonscriptions probablement taillées sur mesure par Alain Marleix pour assurer une majorité à la droite. (Même s'il n'est écrit nulle part que les expatriés doivent durablement voter à droite).
  • Une loi organique pour fixer les modalités de mise en oeuvre: Le gouvernement, aprés s' être engagé à procéder de la sorte, a finalement opté pour une ordonnance, c'est-à-dire sans réel contrôle du Parlement.
  • 12 députés au lieu des neuf prévus par le Gouvernement: Avec l'appui du Constitutionnel, ils ont obtenu gain de cause.
  • Instauration du vote par correspondance, du vote électronique: Favorables l'élection par Internet du Collège qui élit les Sénateurs des Français établis à l'étranger, ils ont suggéré que l'élection des députés se fasse elle aussi par Internet. Et ont été entendus...

Douze, puis neuf, puis onze députés pour représenter les Français établis hors de France


Une douzaine le 20 juin 2008
Roger Karoutchi : S’agissant du dispositif proprement dit, nous envisageons la création d’une douzaine de sièges de député représentant les Français de l’étranger. Il appartiendra, bien sûr, au législateur organique de fixer précisément le nombre de ces sièges. Sénat, 20 juin 2008 : discussion en première lecture du projet de loi constitutionnelle Modernisation des institutions de la Ve République
De 7 à 9 le 19 novembre 2008
Alain Marleix, secrétaire d’État. À partir du nombre de Français immatriculés dans les consulats, et en en soustrayant tous ceux qui bénéficient de la loi leur permettant de se rattacher à une circonscription en France, nous arrivons à un total d’environ 900 000, ce qui se traduit par un nombre de députés variant de sept à neuf.
M. Jean-Jacques Urvoas. Enfin une information !
Assemblée le 19 novembre 2008
8 ou 9 le 11 décembre 2008
Alain Marleix, secrétaire d'État. Pour fixer le nombre de ces nouveaux députés, nous ne disposons pas d’un recensement exhaustif de nos compatriotes installés à l’étranger, analogue à ceux qui sont effectués en métropole ou en outre-mer. Nous connaissons cependant le nombre de ceux qui sont immatriculés dans nos consulats, qui est de l’ordre de 1,4 million, mais ce chiffre ne sera que le point de départ de notre calcul. Tout d’abord, il devra, en effet, être comparé à la population française recensée dans les départements d’une part, dans les collectivités d’outre-mer d’autre part, de façon à ce que soient répartis aussi équitablement que possible les 577 sièges de députés entre ces sous-ensembles, en tenant compte des contraintes spécifiques à chacun d’eux. Par ailleurs, ce chiffre devra être corrigé à la baisse pour tenir compte des personnes qui restent inscrites dans une commune française pour les élections présidentielles et législatives et qui souhaitent, pour ne pas rompre tout lien avec la France, pouvoir continuer à le faire : il ne faut pas les comptabiliser deux fois.
Comme j’ai eu l’occasion de l’annoncer devant votre commission des lois, nous devrions ainsi aboutir, au vu des éléments dont nous disposons, à un nombre de députés se situant à huit ou à neuf . Sénat, 11 décembre 2008

Les sénateurs (ce qui semble cohérent) mais aussi les députés socialistes (ce qui l'est moins) iront jusqu'à contester devant le Conseil Constitutionnel les bases de calcul qui figuraient dans la loi dite "paquet électoral" qui
limitaient à sept ou neuf le nombre de députés des Français de l'étranger.

Le Conseil constitutionnel leur donna raison sur ce point le 9 janvier 2009 et demanda que "le nombre de députés soit fixé et les circonscriptions délimitées en fonction de la totalité de la population enregistrée", ce qui a pour effet de porter leur nombre à onze ou douze députés.


Le gouvernement a retenu finalement le chiffre de 11.

La faible représentativité des sénateurs représentant les Français établis hors de France

Le collège électoral pour l'élection des sénateurs représentant les Français établis hors de France est constitué par les seuls 150 membres élus de l'Assemblée des Français de l'étranger.

Or, le passage graduel de 150 à 155 élus (par la loi n° 2004-805 du 9 août 2004, qui prévoit le passage graduel de 150 à 155 membres, en 2006 et 2009) ne résoudra absolument pas la question de la représentativité des sénateurs des Français établis hors de France. Par comparaison, le même collège pour Paris compte plus de deux mille membres pour une population légèrement supérieure à deux millions d'habitants.

Les sénateurs socialistes avaient déposé en une proposition de loi tendant à élargir le collège électoral des sénateurs représentant les Français établis hors de France.

Cette proposition de loi n'a pas été retenue.

La Commission Balladur avait jugé "inopportun de modifier le mode de représentation des Français de l'étranger. Il recommande donc que le système actuel de représentation des Français de l'étranger par le Sénat ne soit pas modifié."


Comment sont élus les sénateurs représentant les Français établis hors de France ?

Les douze Sénateurs représentant les Français établis hors de France sont élus par tiers par les 153 membres élus de l'Assemblée des Français de l'étranger

L'AFE est actuellement composée de 153 membres (Conseillers) élus au suffrage universel direct par les Français inscrits sur les listes électorales consulaires.

Depuis la loi du 7 juin 1982, les Conseillers sont élus pour six ans au suffrage universel direct par les Français résidant à l'étranger. Le collège électoral est renouvelable par moitié tous les 3 ans. La série A (77 sièges) comprend les circonscriptions d'Amérique (30 Conseillers) et d'Afrique (47); la série B (76 sièges) celles d'Europe (52 Conseillers) ainsi que celles d'Asie-Océanie et Levant (24).

Il existe actuellement 52 circonscriptions électorales, avec un ou plusieurs Conseillers par circonscription. Un pays peut comporter plusieurs circonscriptions, et une circonscription peut recouvrir plusieurs pays. La loi détermine le nombre de sièges par circonscription électorale dont elle précise le chef-lieu.

Le mode d'élection est celui de la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne, sans panachage ni vote préférentiel, dans les circonscriptions qui élisent au moins trois Conseillers; dans les autres circonscriptions, l'élection a lieu au scrutin majoritaire à un tour.

L'inscription sur la liste électorale consulaire peut se faire :
- soit lors de l'inscription au registre des Français établis hors de France (dans ce cas, elle est automatique sauf refus de l'intéressé) :
- soit lors d'une démarche quelconque au consulat,
- soit par correspondance (postale ou électronique), par une demande soit sur papier libre, soit en téléchargeant le formulaire ; cette procédure est spécifique à ce type d'élection.

Seules les personnes inscrites au registre des Français établis hors de France et disposant d'un numéro d'identification consulaire (NUMIC) peuvent utiliser ce guichet.

Les modalités du vote
L'électeur a le choix entre deux possibilités :
1) le vote en personne le jour du scrutin
2) le vote par correspondance (par voie postale ou électronique)



"Le vote électronique serait généralisé, ce qui sera une première pour un scrutin national."

Le 7 juin, les Français vivant à l'étranger ne voteront pas pour les élections européennes : ils ne font pas partie du corps électoral. Le même jour, les Français résidant en Afrique et en Amérique seront cependant appelés à élire leurs représentants à l'Assemblée des Français de l'étranger (AFE). (...)

Si le mode de scrutin est le même qu'en métropole, de nombreux aménagements sont également programmés. Le vote électronique serait généralisé, ce qui sera une première pour un scrutin national. Le premier tour pour les Français de l'étranger sera avancé d'une semaine,
ménageant une plage de trois semaines entre les deux tours. Les frais de campagne seront également étendus pour tenir compte des distances que les candidats doivent parcourir.

Source : le Figaro

mardi 14 avril 2009

Flottements socialistes sur la question de la représentation des Français de l'étranger à l'Assemblée

Les sénateurs et les députés socialistes n'ont pas toujours été en phase, dans les débats parlementaires, sur la question de la représentation à l'Assemblée des Français de l'étranger.

Les sénateurs y étaient favorables. Et parmi eux, en premier lieu, les sénateurs représentant les Français de l'étranger. Il s'agit, selon eux, d'une revendication ancienne de la gauche, déjà envisagée par François Mitterrand, promise par Lionel Jospin en 2002, présente dans les programmes socialistes depuis 2001, et reprise par la candidate Ségolène Royal.

Les députés socialistes ont oscillé entre deux attitudes : une approbation de principe, assortie d'une contestation des modalités de mise en oeuvre (soit la même position que celle des sénateurs) et une hostilité au principe. Le groupe Socialiste déposa un amendement 240 visant à supprimer la création de députés représentant les Français de l'étranger. Didier Migaud, Jean-Yves Le Bouillonnec, Marylise Lebranchu défendirent le 8 juillet 2008 cet amendement. L'exposé des motifs est sans ambiguité.
"Il s’agit ici de maintenir la Constitution dans son texte actuel, en refusant la création des députés représentant les Français établis à l’étranger, dont la représentativité sera plus que douteuse. Les auteurs du présent amendement rappellent que les députés représentent la Nation toute entière, et non des territoires. Une telle catégorie viole le principe d’unité nationale et d’unicité de la représentation nationale".
Quant à l'exposé des motifs de l'amendement socialiste 241, il était encore plus vigoureux.
La fixation du nombre maximum de députés se combine avec la création, scandaleuse pour les auteurs du présent amendement qui en demanderont d’ailleurs la suppression, d’une nouvelle catégorie de députés – de droite, évidemment -, celle des députés des Français de l’étranger.
Quand Alain Marleix fit observer aux députés socialistes que l'idée de créer des députés représentant les Français établis à l’étranger se retrouve dans deux propositions de loi constitutionnelles déposées par les parlementaires socialistes, Didier Migaud rétorqua : " Ce sont des erreurs !" . La Fédération des Français à l'Etranger du Parti Socialiste et deux sénateurs socialistes contestèrent le point de vue des députés socialistes dans un communiqué.

Vérification faite : cette réforme figure bien dans le projet socialiste adopté par le PS en 2006 : "L’Assemblée Nationale sera rendue plus représentative par l’introduction d’une dose de proportionnelle et l’élection au suffrage universel direct de députés représentant les Français de l’étranger."






samedi 7 mars 2009

11 députés, scrutin uninominal à deux tours et vote par Internet

11 députés représenteront les Français établis hors de France, sur la base du nombre de citoyens inscrits sur les listes consulaires au 1er janvier 2006 : chaque circonscription regroupera en moyenne 115.000 Français, en tenant compte de l'écart maximum de 20 % toléré entre la population de chaque circonscription et la population moyenne.

La répartition envisagée des sièges, qui seront pourvus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, serait la suivante, dans l'attente des conclusions de la commission indépendante prévue par l'article 25 de la Constitution :
- 5 en Europe ;
- 3 en Afrique et au Proche-Orient ;
- 2 en Amérique ;
- 1 en Asie (hors Proche-Orient) et en Océanie).

Afin d'encourager une forte participation électorale, il est envisagé d'autoriser le vote par Internet et le vote par correspondance, comme pour l'élection des conseillers de l'AFE.

Alain Marleix, secrétaire d'Etat à l'Intérieur et aux collectivités territoriales, devant l'Assemblée des Français de l'étranger, le vendredi 7 mars 2009.